Symbolisme et Coronavirus

Symbolisme et Coronavirus

Nous vivons le temps du coronavirus. Les schémas scientifiques que l’on rencontre sur de nombreux médias nous montrent une sphère surmontée de multiples émergences, comme un oignon piqué de clous de girofles. Ces particules qui s’agglomèrent sur le virus forment une couronne, d’où le terme « corona ».

Une couronne fait appel à quelque chose de sacré. Dans le passé, lors de la cérémonie, l’empereur était à genoux dans la cathédrale et recevait du pape la couronne afin d’être investi d’un pouvoir de guide suprême de la nation.

Pouvoir sacré, couronne d’or, l’or étant censé refléter la lumière de la conscience, autrement dit le soleil intérieur. La position de la couronne sur la voûte crânienne représente par analogie les desseins de la voûte céleste, ornement d’un pouvoir divin où symboliquement les forces du ciel, de l’esprit, descendent sur terre et sacrent le roi porteur désormais d’une mission envers son peuple.

Nous ne sommes plus aux temps des rois. Mais qu’y a t-il de sacré aujourd’hui? Que tente de nous dire le coronavirus? D’une part qu’un symbole revient de manière flagrante, comme une évidence pour nous alerter sur le caractère sacré de la vie. La science nous martèle un peu plus chaque jour des chiffres pour nous expliquer comment se développe ce virus. Ce langage scientifique parle de causes et d’effets.

Luc Bigé, biologiste, astrologue et fondateur de l’université du symbole aborde le virus par la langue des oiseaux en parlant du virus comme d’une ruse de la vie. « Corona » fait de plus référence aux coronaires, artères principales du coeur qui irriguent le corps de ses rythmes réguliers.

Autrement dit, ce qu’il y a de plus sacré en nous passe par le coeur. Et le virus nous enseigne peut-être que ce n’est pas uniquement l’économie de marché qui devrait mener nos vies (même si celle-ci nous a apporté d’indéniables progrès). Le risque serait alors de s’éloigner du coeur, de ne plus s’occuper de ce qui est sacré, de délaisser la vie du coeur sur l’autel de l’argent roi, croyance de nos sociétés modernes.

Le coronavirus nous dit symboliquement qu’il est désormais plus que temps de réapprendre à couronner la vie, le vivant, le féminin qui est à la source de toute forme d’enfantement sur notre planète terre.

L’astrologie dans son langage symbolique nous indique comment un principe trop accentué déséquilibre l’ordre naturel du vivant. Comment par les transits planétaires actuels, le monde du Mythe de Prométhée, principe masculin par excellence (démarrage de la révolution industrielle à la fin du 18ème siècle et aboutissement aujourd’hui avec internet et son hyper-connectivité sous le règne écrasant de l’économie de marché) va devoir retrouver sa part féminine pour se reconnecter à la roue de nos rythmes intérieurs.

La fin d’un cycle, le chaos qu’il engendre, n’est pas la fin du monde, mais peut-être la fin d’un monde. Serons nous un jour à nouveau capable de nous agenouiller dans le silence, d’être humble devant les vibrations et les mouvements perpétuels de la nature pour savoir mieux écouter et enfin entendre les messages?

Le coronavirus nous demande symboliquement de de nous recentrer, de nous ré-approprier notre foyer intérieur, de retrouver le chemin du coeur et de s’éloigner du nombril narcissique qui caractérise aujourd’hui nos sociétés individualistes. Nous sommes à la fin d’un cycle et nous ferions bien de nous souvenir que les saisons sont des cycles, que nous ne vivons pas de manière linéaire (enfance, travail, retraite et mort) mais que bien au contraire ce sont nos rythmes intérieurs et les cycles qu’ils engendrent qui sont porteur de sens.

La vie est un mouvement perpétuel et vibratoire qui s’appuie à la fois sur l’environnement et les pulsations intérieures. Le soleil, c’est être, la lune, c’est notre manière d’être. Principe masculin et principe féminin ainsi inscrit depuis l’aube de l’humanité.


Jean-François Mauve